Deux grands bonshommes impactent mon affect depuis une semaine. Le premier est né en 1937 à Grayling dans le Michigan, le second en 1945 à Toronto au Canada. Le premier est écrivain, le second auteur compositeur, chanteur et guitariste Folk. Le premier s'appelle Jim Harrison, le second Neil Young.
Dans son dernier recueil de nouvelles "Les jeux de la nuit", dont je viens de commencer la lecture, Jim Harrison raconte l'histoire de Sarah, Chien Brun et Samuel. Trois paumés, trois personnages qui vivent en dehors des normes et en marge de la société. Un livre qui peut paraître sombre et pessimiste, mais qui n'en garde pas moins une lueur d'espoir et de rédemption. Et puis toujours cette description magnifique des paysages du Montana ou du Texas. Beaucoup d'errance et de solitude chez les personnages d'Harrison à qui il sait cependant faire partager son amour de la sensualité.
Neil Young, lui, vient de sortir "Le Noise", un album de huit titres enregistrés avec la guitare mythique de "Harvest", une Gretsch stéréo. Une déflagration brève d'une trentaine de minutes qui allie à la perfection la voix de plus en plus fragile et touchante du chanteur de 65 ans et la monstruosité sauvage et abrasive de sa merveilleuse six cordes. Un disque mélancolique et orageux qui accompagne étrangement bien le texte de Harrison.
Heureusement que je ne suis pas agoraphobe, devant tant d'immensité : immensité du talent et de l'humanité de ces deux auteurs, immensité des paysages et des sensations, immensité de l'émotion et de la solitude qui m'envahissent chaque soir en refermant le livre d'Harrison et en posant les écouteurs de mon lecteur audio après avoir écouté "Love and War".
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