Tout avait commencé à la fin du printemps, au café du Commerce, sur le port d'Ars-en-Ré. De retour d'une petite sortie en mer, nous devisions tranquillement, Lionel et moi, des affaires du monde, en dégustant notre douzaine d'huîtres du marais, un petit verre de Chablis juste frais à la main.
"je vais devoir y retourner", qu'il m'a lancé. "Je ne peux pas laisser la France et le parti aux mains de la fille cachée de Tony Blair et Hilary Clinton. Elle est capable de dilapider l'héritage socialiste en quelques mois. Je vais bientôt avoir des comptes à rendre à Jaurès, moi, qu'en j'arriverai là-haut!. J'ai rencard la semaine prochaine au Nord-Sud, dans le XXIIIème, avec mes vieux potes. Le plan est prêt. Chirac est d'accord pour mettre des bâtons dans les roues à Sarkozy. Juste à vérifier que l'opinion publique m'a toujours à la bonne".
Quel soulagement d'apprendre ce matin que Lionel ne sera pas candidat à l'investiture du PS pour la Présidentielle de 2007. Il sera bientôt de retour, oui, mais sur l'île de Ré. Nous allons bientôt pouvoir reprendre nos saines actvités physiques, ballades à vélo, pêche à la crevette, et surtout recommencer à refaire le monde, sagement attablés à la terrasse du café du Commerce, nos tartines beurrées à la main, le regard paisiblement tourné vers l'horizon brumeux de ce début d'automne.