"Puisque la vie n'est qu'une errance dépourvue de sens, l'important est d'errer intensément sans penser que l'on puisse jamais arriver quelque part."
C'est avec un plaisir certain que je me suis replongé en cette fin d'été dans la lecture des péripéties de Maqroll el Gaviero, ce philosophe de l'aventure né sous la plume d'Alvaro Mutis, poète et écrivain colombien né à Bogota en 1923.
"La neige de l'Amiral", métaphore sur la précarité de la condition humaine face à l'inexorable écoulement du temps, et vision désespérée d'un monde sans avenir où toute entreprise est vouée à l'échec est le premier volet d'une trilogie intitulée "Entreprises et tribulations de Maqroll el Gaviero".
Maqroll est un personnage romanesque puissant et un philosophe mélancolique qui se plaît à nous donner ce conseil : "Suis les navires. Suis les routes que sillonnent les embarcations vieilles et tristes. Ne t'arrête pas. Evite jusqu'au plus humble des mouillages. Remonte les fleuves. Descends-les. Confonds-toi avec les pluies qui innondent les savanes. Refuse tout rivage."
Une étrange proximité avec le plus beau poème du monde qui commence par ces vers:
"Comme je descendais des fleuves impassibles/je ne sentis plus guidé par les haleurs" (vous connaissez la suite, bien sûr...).









Les commentaires récents