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07/01/2007

Commentaires

ehim

La République des Pleurnichards et des Courtisans :

Depuis 2000 ans, on avait les Cathos, qui cultivent encore le culte de la souffrance et de la rédemption des pêchés par l’auto-flagellation (en essayant d’interdire l’euthanasie thérapeutique et l’interruption volontaire de grossesse après avoir cultivé le culte de l’accouchement dans la douleur), depuis 60 ans les Juifs qui nous ressassent l’holocauste (en oubliant que les Tziganes ont été exterminés à 90% par les Nazis, et qu'il y a eu aussi des génocides d'Arméniens, de Cambodgiens ou de Rwandais), depuis une vingtaine d’années les minorités diverses et variées, homos, blacks, musulmans, etc, qui se plaignent d’avoir été persécutées ou de l'être encore, alors même que ces minorités se persécutent entre elles.

Maintenant on a aussi les professions indépendantes et les patrons qui se plaignent de payer trop de charges, les riches qui se plaignent de payer trop d’impôts. Bref, la France est devenue l’épicentre mondial des geignards de toutes sortes.

Et on en viendrait presque à ne plus prêter attention à ceux qui souffrent vraiment, qui n’ont même pas un toit au-dessus de la tête ou ne mangent pas à leur faim, alors même que parmi eux, il y en a qui ont un emploi régulier ou qui ont travaillé toute leur vie pour une retraite misérable..

On peut considérer que, dans ce pays, la lamentation est devenue un mode de communication, comme sous l’Ancien Régime d’avant 1789. Seuls les courtisans serviles ont droit à quelques miettes des fortunes colossales des plus riches. Dans ces milieux-là, en particulier dans la caste politique, on courtise les détenteurs du pouvoir pour essayer d’obtenir des avantages ou des privilèges, en nature ou financiers.

A croire que les seules lignes de conduite possibles sont de courtiser les puissants ou de mendier.

Dans les années 60, Kennedy avait dit aux Américains : " Au lieu de vous demander ce que votre pays peut faire pour vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays. ", ce qui, évidemment était malhonnête dans la mesure où, déjà à cette époque, son pays était sous la coupe du Syndicat du Crime, des pétroliers et des marchands d’armes, et qu’il s’était fait élire par eux. Mais pour le paraphraser, on pourrait dire aujourd’hui " Au lieu de vous demander ce que votre pays peut faire pour vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire vous-même pour changer votre pays. ".

Car, contrairement à ce que les gouvernements successifs, les journaux et la télé nous mettent dans le crâne depuis 30 ans, il faut se débarrasser de l’idée qu’on a toujours besoin de plus puissant que soi pour survivre. Sinon, on n’a plus qu’à retourner à ce qui existait avant la Révolution de 1789.

Il est consternant de voir que quand une usine est fermée par un grand groupe alors qu’elle est rentable, il ne vient pas à l’idée aux salariés de reprendre leur entreprise (comme viennent le faire les salariés de l'usine du pôle Transmission et distribution du groupe nucléaire AREVA à Vénissieux) et de la faire tourner sous forme de SCOP. On préfère attendre un plan social, un reclassement qui ne viendra jamais, un abonnement aux ASSEDIC pour végéter pendant quelques mois ou quelques années avant de retrouver un boulot précaire moins rémunéré que le précédent. Ce qui n’empêche pas les mêmes de s’extasier tous les jours devant leur écran de télé à regarder des grands patrons ou des stars craquer des milliards au vu et au su de millions de smicards, de sans-abri et de chômeurs.

Les pauvres sont-ils assez stupides pour croire qu’un Chevalier Blanc viendra les sauver des appétits insatiables des exploiteurs de l’humanité ? Ou attendent-ils qu’un mécène qui ne sait pas quoi faire de son argent leur fasse l’aumône si ils nagent aussi vite que Laure Manaudou ?

Dans les années 70, était sorti un film dont le titre était " Comment réussir dans la vie quand et on est con et pleurnichard ". On peut dire qu’en 2007, on a plus de chances de réussir en héritant de la richesse de ses parents - même si on est con - qu’en pleurnichant. Mais hélas, les pauvres ne l’ont pas encore compris et la minorité des plus fortunés entretient une Cour en distribuant le fruit du travail des plus pauvres à ses larbins de la classe politique et des médias.

Il faudrait faire comprendre aux pauvres d’aujourd’hui que, d’une part ceux qui les exploitent en les faisant travailler pour des salaires de misère ne leur rendront jamais de plein gré ce qu’ils leur prennent, et que d’autre part, s’ils attendent en pleurnichant que quelqu’un d’autre change le monde à leur place, ça risque d’être long.

Decrauze

Ah ! rasante campagne

Tumultueuse marche vers le premier tour, les parades de la campagne laissent émerger les caractères des prétendants et l’agitation plus ou moins stratégique de leur équipe respective. Les thèmes s’égrènent au fil des urgences artificielles : la frénésie médiatique détermine la hiérarchie du jour.
La plongée dans l’histoire des présidentielles, ou de certaines municipales, provoque une nausée fascinée par les coups sans pitié portés entre adversaires. A visionner quelques documentaires, Valéry Giscard d’Estaing ou le théâtre du pouvoir, François Mitterrand : le roman du pouvoir, Chirac jeune loup et vieux lion, et l’édifiant Paris à tout prix, on en sort convaincu : meurtre du rival excepté, rien ne différencie les mœurs politiques actuels de ceux des temps antiques.
Abreuvé d’analyses, je tente de surnager face aux multiples positionnements des uns et des autres. L’instinct, le ressenti m’incline à croire à un remake de la version 74. Douze candidats parmi lesquels le Bayrou en phase ascendante.
Alors qu’à droite, hors centre, la bipolarisation s’affirme entre un extrême populiste et une droite marquée (n’oublions pas, avec quelque effort amusé, l’épiphénomène de Villiers), la gauche, elle, n’a tiré strictement aucun enseignement de l’émiettement de 2002 et s’est obscènement assise sur ses promesses d’union suite au front hystérique contre le traité constitutionnel. Pathétique spectacle d’une gauche qui s’octroie le luxe suicidaire de multiples candidatures.
Cela nourrit-il seulement le débat de fond sur la gestion et les réformes nécessaires pour un pays timoré ? La France, pays dont la jeunesse, quarante ans après 68, ne se bouge plus que pour revendiquer toujours plus d’Etat, de sécurité de l’emploi et pour ânonner ses angoisses sur une incertaine retraite.
L’offre politique s’est donc mise à l’aune des desideratas des populations françaises. Chaque chapelle se fait fort de combler les attentes de son public portant des artistes plus ou moins talentueux, mais indubitablement opportunistes.
Que croire : la sérénade révolutionnaire qui veut enfler l’Etat comme aux plus sombres heures du soviétisme ou l’antienne libérale dont la confiance dans les marchés frise avec l’aberration de la génération spontanée. La rapide étude des comportements des financiers, traders et autres boursicoteurs permet de saisir le poids d’un panurgisme délétère, et les vagues d’un irrépressible grégarisme. La simple rumeur dépréciative sur une société peut, par l’effet domino, occasionner une baisse notable du cours en bourse lequel impliquera, parfois sans fondement tangible, une atteinte à l’emploi réel.
A l’occasion des cinquante ans du traité de Rome, aucun des candidats français n’a la crédibilité pour initier une nouvelle impulsion au bourbier à vingt-sept qui a usurpé deux élargissements aux peuples européens avant même d’avoir le fonctionnement institutionnel adapté. Sans aucun doute la pire gourde du Conseil européen, prétendue clef de voûte qui a tout fait capoter.
Cette campagne se pare des quelques sujets nationaux, du bien franco-français, qui irriguent les préoccupations du peuple sans, à aucun moment, qu’un des candidats n’avoue que la destinée de notre pays est majoritairement dépendante de facteurs européens et mondiaux… sauf si nous tenons à prendre comme modèle la Corée du Nord. Un chômage consubstantiel à nos mœurs économico-publics incapables de réformes libératrices et qui donnent encore la prime à la manne étatique qui calfate sans compter. Des fonctionnaires, trop protégés par des décennies de démagogie et de lâcheté politiques, qui n’admettent pas qu’on rogne leurs sacro-saints acquis sociaux, quitte à risquer l’implosion du système. La lubie d’un changement de République (évoqué par les antigaullistes dès l’élection de 1965) qui voudrait doper le Parlement et faire accroire qu’un changement de numéro romain résoudrait le mal français tout comme certains imposteurs ont défendu qu’un rejet de la constitution européenne éviterait la déferlante libérale.
Les discours ne doivent plus leurrer : ils ne servent pas la cause nationale, mais les seules ambitions personnelles. Chacun s’essaye, comme à chaque consultation électorale, au ratissage des voix selon son ancrage.
Paradoxe des postures : les anciens cumulards des candidatures campent le rôle des piques et de la verdeur révolutionnaire : la rupture extrême s’incarne chez les papy Le Pen et mamie Laguiller, alors que les primipares présidentiables sont les mastodontes susceptibles de l’emporter.
Jacques Chirac va donc passer le relais du pouvoir en bien meilleure santé que son admiré prédécesseur. Il pourra ainsi se consacrer à son autre passion, après l’inavouable goût pour la conquête : l’influence humaniste à l’échelle d’une planète toujours plus complexe. L’hommage quasi unanime a ses élans verbaux, sur la scène internationale, à propos des grands sujets de notre « maison [qui] brûle » a tracé sa marque dans l’histoire : la présidence de la parole.
Petit instantané abrupt, sans prétention idéologique, d’une campagne finalement très banale… le résultat le sera-t-il tout autant ?

http://pamphletaire.blogspot.com

Emmanuelle

Je ne PARIERAIS pas sur elle !
http://www.desirsdargent.com

jeff

Noel Lagoia, votre nouveau candidat !!!

http://www.wat.tv/noellagoia/noellagoia.html

http://www.youtube.com/results?search_query=noel+lagoia&search=Search

DUBOIS

Un bel exemple pour éclairer ma recherche actuelle sur "l'inconnu inconnu" qu'il faut envisager au delà de "l'inconnu connu"

Fanette

super billet !
Depuis la polémique, c'est le seul billet positif que je trouve sur cette affaire, j'aime beaucoup votre blog !
Bonne continuation !

Marcus

Plus tard l'Académie, plus tard.

Fulgence Weyej

Alain Rey a été interrogé et, de mémoire, il indiquait qu'inventer des mots pouvait tout à fait se faire. Le seul point qui le gènait était la fait que brav et itude ne venaient pas des mêmes langues.

Denis

Balladur a gentiment fait remarquer qu'après avoir inventé la négritude, Senghor avait été à l'académie française, et que c'était probablement le destin de madame Royal.

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